
Quand on travaille au quotidien avec des équipes pluridisciplinaires, des outils no-code, des utilisateurs finaux qui évoluent, et des clients qui réajustent leurs priorités en temps réel… on comprend vite qu’un projet n’est jamais figé. Et c’est tant mieux. Ce sont précisément ces changements qui permettent d’innover. Encore faut-il avoir un cadre de travail qui permet d’en tirer parti, plutôt que de les subir. C’est là que Scrum entre en scène. Pas comme une méthode rigide, mais comme un système agile, structurant, itératif, et profondément collaboratif.
Dans la plupart des projets, tout ne se passe jamais comme prévu. Et c’est très bien comme ça. Ce sont souvent les imprévus, les retours utilisateurs ou les évolutions stratégiques qui donnent au projet une nouvelle dimension. Encore faut-il avoir un cadre de travail qui permet d’en tirer parti, plutôt que de les subir. C’est là que Scrum entre en scène. Pas comme une méthode rigide, mais comme un système agile, structurant, itératif, et profondément collaboratif.
Avancer avec la réalité plutôt que contre elle
Scrum repose sur le principe d’itération courte, les fameux sprints, généralement de 1 à 4 semaines. Chaque sprint permet de livrer un produit fonctionnel, ou une version testable du produit. Cela donne à l’équipe une capacité d’adaptation immédiate : à chaque cycle, on réévalue, on corrige, on affine la direction à prendre.
Dans un projet que j’ai mené pour digitaliser les castings d’une émission musicale, cette flexibilité a été déterminante. À mi-chemin, le client a reçu de nouvelles directives juridiques liées aux conditions de tournage. En cascade, cela a modifié les parcours candidats et les interfaces internes. Grâce aux sprints courts, on n’a pas “gelé” le projet pour tout reconstruire : on a intégré les nouvelles contraintes au sprint suivant, sans perdre de temps ni d’élan.
Ce type de réactivité est aujourd’hui incontournable. Le 15th Annual State of Agile Report (2023) montre que 71 % des entreprises adoptant des méthodes agiles le font pour pouvoir gérer plus efficacement des priorités qui évoluent en continu.
Un client partie prenante, pas spectateur
Le rôle du Product Owner dans Scrum — souvent incarné par le client lui-même — change totalement la dynamique de projet. Fini le brief d’entrée et la livraison surprise trois mois plus tard. Ici, le client intervient à chaque sprint : il priorise les besoins, commente les livrables, affine les orientations stratégiques.
C’est un fonctionnement que j’ai expérimenté avec une cliente dans l’univers du luxe à Monaco. À chaque fin de sprint sur son site Webflow, elle découvrait les avancées : design, animation, structure de contenu. Ces points réguliers ont permis de repositionner le projet au fil des retours clients, de ses propres inspirations ou d’enjeux SEO émergents. Résultat : un projet aligné, co-construit, qui a renforcé la relation autant que le produit.
D’ailleurs, selon Scrum.org, les projets Scrum impliquant activement le Product Owner affichent des taux de réussite bien supérieurs à la moyenne, avec un alignement business renforcé et des ajustements plus fluides en cours de projet.
La transparence, socle de la confiance et de l’efficacité
Scrum rend visible tout ce qui se passe. Le backlog, les tâches en cours, les blocages, les ressources allouées. Chaque membre de l’équipe — et chaque partie prenante — sait à tout moment où en est le projet. Cette transparence n’est pas anecdotique : elle change le rapport à la responsabilité et accélère les prises de décision.
Sur un projet Glide que j’ai mené récemment avec une startup RH, j’ai intégré un tableau de bord partagé dans Notion avec un suivi sprint par sprint. Résultat : les équipes RH, dev, produit et marketing avaient accès aux mêmes informations. Plus besoin de reporting inutile ou de réunions d’alignement chronophages : chacun pouvait contribuer en toute clarté. Et ça, ça transforme une équipe.
Comme le rappelle le Scrum Guide officiel, la transparence est l’un des trois piliers de Scrum, aux côtés de l’inspection et de l’adaptation. C’est ce qui permet à une équipe d’être autonome, responsable et réactive.
Produire de la valeur plus tôt et plus souvent
Chaque sprint dans Scrum est censé produire un livrable utile. Même si ce n’est pas une version finale, ce doit être un incrément fonctionnel. Cette logique d’amélioration continue et de déploiement rapide crée une dynamique de valeur permanente.
Lors du développement de mon application éducative pour les ateliers de préparation au casting, j’ai pu livrer un MVP dès le troisième sprint. Les élèves ont commencé à s’en servir, et leurs retours ont été intégrés en continu dans les versions suivantes. Le produit n’était pas terminé, mais il était déjà utile.
Ce principe est d’ailleurs validé par le VersionOne Agile Report : 62 % des entreprises affirment que l’approche agile, notamment Scrum, leur permet de réduire significativement leur time-to-market, c’est-à-dire le délai de mise sur le marché d’un produit.
Apprendre de chaque étape, ensemble
L’un des temps forts du cadre Scrum est la rétrospective de sprint. C’est une réunion où l’équipe analyse ce qui a bien fonctionné, ce qui peut être amélioré, et comment faire mieux au sprint suivant. Contrairement à beaucoup d’autres méthodes, cet espace d’amélioration continue est structuré, ritualisé, et surtout pris au sérieux.
Lors d’un projet TV avec une équipe composite (coachs, monteurs, cadreurs), chaque rétro a permis de repenser les séquences de tournage, d’optimiser le temps de post-prod, et même de redéfinir le format des capsules. Cette boucle d’apprentissage permanente a fait progresser le produit… et l’équipe.
C’est ce que démontre aussi l’étude d’Amy Edmondson sur les “learning teams”, publiée dans la Harvard Business Review, où elle montre que les équipes qui prennent le temps de faire des bilans réflexifs progressent significativement plus vite que celles qui s’enchaînent les tâches sans recul.
Scrum : une posture autant qu’une méthode
Scrum n’est pas une méthode miracle. Mais c’est un outil puissant lorsqu’il est bien compris et bien mis en œuvre. Il structure l’imprévu, il donne une voix à toutes les parties prenantes, il transforme les livraisons en collaborations. J’utilise ce cadre dans des contextes très variés — UX, design, éducation, no-code — et à chaque fois, il permet de faire émerger une intelligence collective et un produit qui répond réellement aux besoins.
“Scrum is not about doing more work faster. It’s about building the right thing, at the right time, in the right way.” Jeff Sutherland, Scrum: The Art of Doing Twice the Work in Half the Time